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Terres rares : pourquoi la maîtrise des poudres complexes est le maillon fort de la souveraineté industrielle

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Agroalimentaire
| 4 minutes de lecture | Par Benjamin SOREL
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Indispensables à la transition énergétique, à la défense et au numérique, les terres rares sont devenues le nouvel “or gris” de l’économie mondiale. Mais au-delà des tensions géopolitiques et des enjeux d’extraction, se cache un défi industriel de taille : la manipulation et le transfert de ces matières sous forme de poudres ultra-fines et réactives. Comment garantir un transfert sans perte, sans contamination et en toute sécurité pour les opérateurs ? La parole à Benjamin, de la société PALAMATIC PROCESS, spécialiste de la manutention et du transfert des poudres. Cet ingénieur d’affaires expert en solution process nous livre son éclairage sur les coulisses technologiques d'une filière sous haute tension.

Q1. Quelle est votre définition des terres rares ?

On appelle "terres rares" un groupe de 17 métaux (le scandium, l'yttrium et les 15 lanthanides) extraits d’installations minières. Contrairement à ce que leur nom suggère, ils ne sont pas forcément "rares" dans l'écorce terrestre (le cérium est plus abondant que le cuivre).

Leur "rareté" vient de deux facteurs critiques :

  • La dispersion : On les trouve rarement en concentrations suffisantes pour une extraction économiquement viable.
  • La complexité de séparation : Leurs propriétés chimiques sont si proches qu'il faut des procédés extrêmement sophistiqués et répétitifs pour les isoler les uns des autres.

Dans l'industrie, nous les divisons souvent en deux catégories : les terres rares légères (LREE) et les terres rares lourdes (HREE), ces dernières étant les plus précieuses et les plus difficiles à sourcer.
 

Q2. Quels sont les enjeux liés à ces terres rares ?

Les enjeux liés à ces minerais et métaux hautement stratégiques et indispensables à de nombreux secteurs sont triples et touchent au cœur de la souveraineté industrielle moderne. :

  • L'enjeu de la Transition Énergétique : Sans terres rares (notamment le néodyme et le praséodyme), pas d'aimants permanents haute performance. Sans ces aimants, la fabrication de moteurs de voitures électriques et de génératrices d'éoliennes offshore devient quasi impossible.
  • L'enjeu Géopolitique : Aujourd'hui, la Chine contrôle une immense partie de la chaîne de valeur (extraction et surtout raffinage). L'Europe et les États-Unis cherchent activement à diversifier leurs sources pour garantir leur autonomie.
  • L'enjeu Environnemental et Technique : Le raffinage est un processus chimique lourd. L'enjeu est de développer des méthodes d'extraction et de recyclage plus "vertes", avec une gestion rigoureuse des sous-produits et des poussières.

Par ailleurs, le sujet est pleinement d’actualité. L’Union européenne a annoncé, par exemple, un plan ambitieux de 3 milliards d’euros dès 2026, afin de sécuriser son approvisionnement en matières premières critiques. L’objectif est de réduire sa dépendance à la Chine concernant les Terres rares. Un nouveau centre européen dédié doit d’ailleurs voir le jour et cette enveloppe permettra aussi de financer des projets stratégiques : extraction, raffinage, recyclage.

En 2025, la Chine a atteint son plus haut niveau d’exportation de terres rares, soit 62.585 tonnes. Rappelons que ces métaux servent à la fabrication de composants électroniques, de batteries de véhicules électriques, d’éoliennes, etc. Les secteurs de l’automobile, de l’énergie, de la défense en sont très friands. La Chine est un acteur incontournable. Selon l’Agence mondiale de l’Energie, 60% des terres rares extraites dans le monde proviennent de cette vaste région d’Asie et 90% y sont même raffinés !
 

Q3. En quoi votre société PALAMATIC PROCESS, experte de la manutention et du transfert des poudres, est-elle pertinente sur le sujet des terres rares ?

C'est ici que notre savoir-faire devient crucial. Les terres rares, une fois extraites et raffinées, se présentent sous forme de poudres ultra-fines, souvent abrasives, denses ou réactives. Depuis 1992, chez PALAMATIC PROCESS, nous développons des lignes de process totalement automatisées pour des grands comptes industriels internationaux et dans tous les secteurs d'activité, notamment pour les poudres très complexes et les terres rares. Notre pertinence repose sur trois piliers :

  • Le confinement total : Ces poudres sont très coûteuses et peuvent être toxiques à inhaler. Nos systèmes de transfert pneumatique en phase dense garantissent zéro émission de poussière dans l'atmosphère de travail.
  • La préservation de l'intégrité : Certaines terres rares sont sensibles à l'oxydation. Nous maîtrisons le transfert sous atmosphère inerte (azote) pour éviter toute dégradation du produit durant son déplacement.
  • La précision du dosage : Étant donné la valeur marchande de ces matériaux, chaque gramme compte. Nos solutions permettent un dosage de haute précision pour alimenter les processus de fabrication (magnétisme, catalyse, optique).
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Q4. Avez-vous concrètement une étude de cas client à nous partager ?

Oui, tout à fait ! Les poudres de demain seront de plus en plus techniques et complexes. Expert depuis plus de 30 ans sur ces matières premières, PALAMATIC PROCESS répond actuellement à de plus en plus de demandes de clients concernant leurs problématiques liées aux terres rares. Par exemple, nous pouvons prendre le cas de l’optimisation d'une ligne de production d'aimants permanents (NdFeB).

La problématique : Un fabricant européen rencontrait des pertes de matière importantes (poussières) et des problèmes d'oxydation lors du transfert manuel de la poudre de Néodyme entre l'étape de broyage et la presse.

La solution : Nous avons installé un système de transfert par aspiration sous vide, entièrement automatisé et sous gaz neutre.

Résultat : Réduction de 98% des pertes de matières.

  • Amélioration de la sécurité : suppression de l'exposition des opérateurs aux poussières fines.
  • Qualité : Homogénéité parfaite du lot final grâce à un transfert doux qui évite la ségrégation des particules.

En conclusion, la réussite de la filière des terres rares ne dépend pas seulement de la ressource brute, mais de la performance de la chaîne de transformation. Dans un marché où chaque gramme de matière a une valeur stratégique et environnementale, l'improvisation n'a pas sa place. La maîtrise du flux, le confinement total et l'automatisation du transfert ne sont plus des options, mais des conditions sine qua non pour une industrie européenne compétitive et responsable. Chez PALAMATIC PROCESS, notre rôle est de transformer ces défis logistiques en leviers de croissance pour nos clients, en apportant une fiabilité absolue là où la matière est la plus complexe à dompter.

Le saviez-vous ? La manipulation de certaines terres rares nécessite un environnement sous gaz inerte (Azote ou Argon). En contact avec l'oxygène, ces poudres peuvent s'oxyder instantanément, perdant ainsi leurs propriétés magnétiques.
 

Q5. L'automatisation et la robotique sont-elles l'avenir de la manipulation des terres rares ?

Absolument. La robotisation répond à deux impératifs majeurs dans notre secteur : la protection et la rentabilité.

  • Le "Zéro Contact" : Certaines poudres de terres rares sont pyrophoriques (s'enflamment au contact de l'air) ou irritantes. Utiliser des bras robotisés pour le chargement / déchargement des trémies ou pour la manipulation des conteneurs (IBC) élimine le risque humain.
  • La répétabilité du dosage : Un robot ne fatigue jamais. Dans la fabrication d'alliages haute performance, la précision du mélange au milligramme près est cruciale. La robotique garantit que chaque lot est strictement identique au précédent, ce qui réduit drastiquement le taux de rebut de ces matières si coûteuses.

Le transfert de poudres n'est plus une boîte noire. Avec l'Usine 4.0, nous entrons dans l'ère du flux intelligent.

  • Maintenance Prédictive : Grâce à des capteurs IoT sur nos installations, nous surveillons l'usure des conduites (liée à l'abrasion des terres rares) ou l'encrassement des filtres en temps réel. On intervient avant la panne, évitant ainsi des arrêts de production critiques.
  • Traçabilité Totale : Chaque gramme de terre rare est tracé numériquement depuis son entrée dans le circuit de transfert jusqu'à son conditionnement final. C'est un argument de poids pour nos clients qui doivent justifier de la provenance et de l'utilisation responsable de ces minerais (conformité ESG).
  • Jumeau Numérique : Nous pouvons simuler le comportement de la poudre dans nos systèmes avant même l'installation physique, optimisant ainsi les consommations d'énergie et les débits d'air.

Le plus grand défi à court terme est sans aucun doute celui de l'Urban Mining (les mines urbaines) ou le recyclage.

Le défi technique est immense : contrairement à une poudre vierge, la matière issue du recyclage (vieux disques durs, moteurs électriques broyés) est hétérogène. Elle contient des résidus de plastiques, d'autres métaux, des colles.

Notre rôle est d'adapter nos technologies pour traiter ces "poudres hybrides" sans bloquer les lignes de production. Nous travaillons déjà sur des systèmes de tri et de séparation pneumatique intégrés au transfert, permettant de purifier la matière tout en la déplaçant. C'est là que se joue la véritable économie circulaire des terres rares.
 

Q6. Quelques projets liés aux terres rares vous paraissent emblématiques en ce moment ?

Le bassin de Lacq devient le centre névralgique des terres rares en Europe avec deux projets majeurs qui se complètent. Carester : ce projet nommé Caremag représente un investissement global de 16 millions d’euros (sécurisé en 2025). Le concept ? Il s’agit d’une usine de recyclage d'aimants permanents et de raffinage de concentrés miniers. L'enjeu est clair : c’est une première mondiale par son échelle. Caremag prévoit de produire 15 % de la demande mondiale en terres rares lourdes (Dysprosium et Terbium) d'ici à fin 2026. C’est le modèle type de l'usine 4.0 avec zéro effluent liquide et 80 % de CO₂ recyclé. Aux USA le projet Rare Earth (USAR) représente un investissement d’environ 130 millions d’euros de soutien public. Annoncé en janvier 2026, le concept est porté par une entreprise américaine qui a choisi de s'installer juste à côté de Carester pour transformer les oxydes en métaux et alliages. La capacité annoncée est de 3750 tonnes par an. Tout son enjeu est de créer une filière complète "du déchet à l'aimant" sur un seul et même site français.

Du côté de La Rochelle, c’est l’entreprise Solvay qui promet la renaissance d’un site historique, expert de la séparation des terres rares et qui opère une mutation radicale. Un investissement de plus de 100 millions d’euros est engagé pour moderniser ce site unique. L'objectif ici est de créer un pôle majeur de séparation et de purification pour les aimants de véhicules électriques. Solvay ambitionne de couvrir 30 % de la demande européenne d’ici à 2030. Le plus ? Une expertise unique en Europe sur la séparation chimique complexe, un savoir-faire que la Chine était jusqu'ici la seule à maîtriser à grande échelle.

Dans l’Allier, l’Etat français a décidé d’investir 50 millions d’euros dans le projet minier d’Imerys baptisé Emili représentant une participation minoritaire d’environ 30%. Une future mine souterraine d’extraction de lithium doit y voir le jour, sous une carrière de kaolin existante, sur le site d’Echassières. Objectif : 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an. De quoi équiper 700.000 véhicules électriques.

L'écosystème des "Gigafactories" du Nord n’est pas en reste sur le sujet ! Si les terres rares sont raffinées dans le sud, elles sont consommées massivement dans le nord de la France, au sein de la "Battery Valley". Sur place, on trouve par exemple Verkor (Dunkerque) & ACC (Douvrin). Ces usines géantes de batteries représentent des investissements de plusieurs milliards d'euros comme clients finaux de ces terres rares. Ces Gigafactories intègrent désormais des lignes de recyclage de batteries et d'aimants en boucle courte (Short-loop). Elles ont notamment besoin de systèmes de transfert de poudres ultra-automatisés pour réinjecter les matières recyclées directement dans la production de nouvelles cellules.

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